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LIVRE : Kushti in Banaras. Wrestling as a homage to the Gods

 

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Livre écrit en anglais. Kushti ou la lutte en hommage aux Dieux. Nous pouvons fournir une version-papier du texte en français sur simple demande.

Photographies : Séverine Dabadie, Texte : Christiane Etchezaharreta et Séverine Dabadie (sorti en décembre 2011)

Pour se procurer le livre (qui n'est pas encore distribué en France ni en Europe), veuillez envoyer un message à l'auteur (voir rubrique contact). 

Prix : 25 €, 96 pages, Edition Roli Books (Inde), livre de photographies en couleurs, ISBN : 978-7436-694-8

 

BON DE COMMANDE À TÉLÉCHARGER

 

 

On pratique la lutte un peu partout dans le nord de l’Inde mais à Bénares, elle tient une place spéciale. Les akharas, qui jusqu’alors y étaient très nombreux, ont eu tendance à fermer leur porte les uns après les autres. La lutte en Inde, et particulièrement à Bénarès, remonte à des temps très anciens. Une certaine forme de lutte avait précédé celle importée par les invasions mogholes du XIème siècle. Bharatiya kushti (lutte indienne) ou tout simplement kushti : telle est son appellation.
Dans ce pays où la religion imprègne chacun des actes de la vie quotidienne, la lutte indienne, Kushti, a, tout comme la musique, dépassé les frontières religieuses. Les Moghols ont apporté une empreinte forte de leur identité et cependant les Hindous se la sont appropriée, y introduisant les rituels rendus aux déités du panthéon, principalement au Dieu-Singe Hanuman. Une réconciliation du corps et de l’esprit, un culte rendu aux valeurs humaines profondes, au monde des dieux, à un idéal.
La lutte indienne est bien plus qu’un sport ou qu’une simple activité physique. Elle est une hygiène et une discipline de vie strictes. Elle est un chemin vers la spiritualité alliant le corps et l’âme. Elle se pratique dans un « akhara ». En voici la définition qu’en donne l’ancien lutteur Patodi.

« C'est un temple dédié à la puissance où la terre est transformée en or. C'est un lieu de virilité où se rassemble une jeunesse forte. La puissance se confronte à la puissance, c’est un lieu où l’on naît, grandit et se développe.
On ne peut entrer dans l'akhara qu’après s’être incliné devant les dieux et leur avoir offert humblement de l'encens. Un akhara est un lieu où l’on prie, où l’on donne et où l’on reçoit. Sa terre est accueillante, on s’en oint les épaules et la tête. Ce n’est qu’alors qu’on y combat et les bruits de claquements des cuisses, le choc des poitrails emplissent l’air. Les grognements et les gémissements dus à l'effort résonnent d’un écho sinistre. On s’y bat et puis l’on y est battu. L'entraînement est terminé. La paresse est noyée dans la sueur. Puis la terre est retournée, on se signe devant la fosse et l’on part. » Patodi 1973

Plusieurs longs voyages m’ont ramenée sur ces mêmes lieux en compagnie de Christiane Etchezaharreta avec qui j’ai l’habitude de collaborer avec toujours autant de bonheur. Au fur et à mesure, notre présence devenait une évidence. Dans les effluves de transpiration, au milieu de ces corps qui s’entrechoquaient et se bousculaient, nous assistions aux entraînements, dans la lumière pâle des petits matins indiens. La vie reprenait son cours, imperturbable comme le Gange qui s’écoulait. Mon appareil photo capturait ces instants rares où les corps s’entremêlaient avec puissance et sensualité, douceur et force. C’est ce lien paradoxal qui sans cesse me ramenait ici. Durant trois ans, j’ai travaillé inlassablement sur ce thème et apprendre la langue hindi est rapidement devenue une nécessité absolue car personne ne parlait anglais… Encore moins français. Bien souvent, il a été difficile de faire croire à certains Indiens que nous travaillions sur la lutte et que nous avions l’habitude de fréquenter des akharas. Car il s’agit d’un monde dans le monde où deux femmes, occidentales de surcroît, ne peuvent y trouver une place facilement.
Les moments rares et magnifiques qui nous ont été donnés de vivre dans ces akharas et plus particulièrement dans celui de Gaya Seth sont un cadeau merveilleux. C’est aussi pour cela que nous avons souhaité les partager à travers ce livre édité en anglais chez Roli Books (Inde) : Kushti : wrestling as a homage to the Gods. 

 

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